Glossaire

Analyse musicale

L’analyse musicale est une discipline consistant en l'étude d'une œuvre musicale de façon à en comprendre la genèse, l'architecture et les dessins. En ethnomusicologie, l’analyse est l’un des outils permettant de mettre en évidence des systèmes musicaux propres à la culture musicale concernée.

Articulation

​ L’articulation est l'art d'imiter les inflexions de la voix humaine, dans la pratique d'un instrument de musique. L'articulation consiste essentiellement dans la maîtrise des attaques, ainsi que dans la gestion des micro-silences entre les notes (silences d'articulations), qui donnent toute leur clarté au message musical. À l'époque de la musique ancienne, les nuances étaient beaucoup moins développées qu'aujourd'hui, mais l'articulation était alors un des moyens principaux d'expression.

Authente

(voir aussi plagal) Le terme authente (authentique) est défini en regard du terme plagal. Ces termes sont issus du plain chant (chant sacré à une voix de la liturgie catholique romaine). Aujourd’hui, lorsque ces termes sont utilisés pour décrire d’autres musiques modales, par exemple les musiques populaires de France, nous pourrions dire : « qui s’apparentent aux formes authentes et plagales » : - la forme authente part de la finale, ce que nous appelons maintenant tonique, mais qui, pour compliquer les choses, peut descendre d’un degré ; ainsi le mode de ré qui normalement s’étend de Ré à Ré, peut descendre à Do. - la forme plagale part une quarte en-dessous, Le nom est précédé de « hypo », par exemple si la forme authente est le mode dorien (de Ré à Ré), la forme plagale sera le mode hypodorien qui s’étend de La à La. D’après Alain Lefébure, « Les anciens modes d’église », article consultable sur http://www.aprlmusic.com/?p=10662

Âvâz

En musique classique iranienne, il s’agit d’une longue modulation ou maqâm secondaire (ou intermédiaire). Le terme désigne littéralement la voix, le chant. Voir aussi gushe, sho’be, dastgâh.

Battue

La battue est la matérialisation de la pulsation, par un geste ou un bruit. Battre la mesure c’est exprimer la pulsation d’un rythme régulier ou irrégulier. A l’inverse, des phrases musicales peuvent être non mesurées, c’est-à-dire libres de toute pulsation. Il est impossible d’en battre la mesure.

Bourdon

Procédé musical consistant à faire entendre une note de façon continue tout au long d’une interprétation musicale, en accompagnement d’une partie mélodique (par exemple dans le jeu du hautbois zurna, de la vielle à roue, de la majorité des cornemuses, du tampura indien, et le chant de nombreuses polyphonies). Pour certains musicologues, le bourdon est un élément de définition des musiques modales. Cependant, cela n’est pas le cas d’un grand nombre de traditions musicales modales, majoritairement celles qui se rattachent au système du maqam (“musiques maqamiques”).

Bourrée

Nom d'une famille de danses assez diverses (à 2, 3, 4, 6 danseurs ou plus), rencontrées dans les régions du Massif Central, du Centre de la France et régions voisines. Il y en a deux types musicaux distincts, à deux et à trois temps, dont l'histoire et la répartition sont bien différentes. Avant la toute fin du XIXe siècle, le terme de bourrée désigne exclusivement les formes à deux temps, celles à trois temps étant appelées « montagnardes ».

Catalogue Coirault

Le chercheur Patrice Coirault (1875-1959) a accompli une étude monumentale et sans équivalent de la chanson ancienne et traditionnelle française. Il a réalisé pour cela un catalogage typologique de ces chansons, adossé à un recensement des versions traditionnelles collectées aussi bien que figurant dans les innombrables sources anciennes qu'il a dépouillées. Ce catalogue, au départ outil de travail personnel, a été revu et complété par plusieurs chercheurs, et édité à partir de 1996 en trois volumes aux éditions de la Bibliothèque Nationale sous le titre « Répertoire des chansons françaises de tradition orale ». Il s'agit d'un outil irremplaçable pour qui s'intéresse à la chanson traditionnelle.

Cent et savart

Un cent est une division mathématique d’un intervalle, qui équivaut à la 100ème partie d’un demi-ton tempéré égal. Un ton = 200 cents, un intervalle de trois-quarts de ton mathématique = 150 cents. Un savart est, comme le cent, une unité de mesure des intervalles musicaux basé sur une échelle logarithmique par rapport à la fréquence fondamentale d’un son musicale. Un savart vaut environ 4 cents.

Comma

Un comma est défini comme étant l’intervalle entre deux séquences intervalles purs. Il varie généralement entre le dixième et le cinquième du ton, selon le type de comma qui est considéré (pythagoricien, zarlinien ou syntonique, enharmonique, etc.).

Centonisation

Méthode de composition musicale consistant à utiliser des fragments mélodiques issus de différentes pièces.

Collectage

Le collectage consiste à recueillir, le plus souvent grâce à un enregistreur audio ou vidéo, des musiques, des chansons de tradition orale et des danses, auprès des « anciens » ou des personnes ressources, dans le but de les sauvegarder. Des bases de données de supports collectés existent et sont facilement accessibles aux musiciens.

Coupe poétique

Le système des coupes poétiques décrit la structure d'une poésie ou des paroles d'une chanson, c'est-à-dire : le nombre de vers dans un couplet; le nombre de pieds (syllabes) dans chacun des vers; et la forme masculine ou féminine de la fin du vers. La forme féminine se termine par une syllabe avec un « e » muet, c'est-à-dire non accentuée mais qui correspond quand même à une note musicale dans une chanson. La forme masculine se termine par une syllabe accentuée. Par exemple, une fin masculine est « pe-tit » ; une fin féminine « pe-ti-te ». Ainsi, par exemple la coupe du début de « Au clair de la lune » s'écrira 5555 FMFM ou 5FMFM  correspondant à : « Au clair de la lune 5F (cinq syllabes + terminaison féminine) / Mon ami Pierrot 5F (cinq syllabes + terminaison masculine) / Prête-moi ta plume 5F (cinq syllabes + terminaison féminine) / Pour écrire un mot » 5F (cinq syllabes + terminaison masculine). Ce système d'analyse et de notation des coupes est très utile dans l'étude de l'histoire des chansons, pour y relever les parentés et les échanges de textes et de mélodies.

Corde de récitation

ou corde récitative Aussi appelée dominante, c’est, selon René Zosso, « l’autre axe d’organisation » de la mélodie, le second bourdon, au-dessus de celui de la tonique (finale). Dans la cantillation qui caractérise la psalmodie (le chant des psaumes) la récitation se fait sur une seule note dite « corde de récitation. » (Larousse - Dictionnaire de la musique) C’est le terme qui désigne la note sur laquelle se fait l’essentiel de la récitation. On l’appelle encore teneur, dominante ou tuba. (Science de la musique - sous la direction de Marc Honegger – Bordas).

Dastgâh

En Iran et en Azerbaïdjan, un dastgâh est un système modal, c’est-à-dire un maqâm développé en intégrant des modulations ou maqâm intermédiaires (aussi dits secondaires) que sont les sho'be (grands types mélodiques gushe) et gushe (petits types mélodiques) dans le système azéri, âvâz et gushe dans le système iranien.

Degré

Place d’une note dans une échelle, quelle qu’elle soit.

Demi-bémol

Voir : majeur, mineur, médian (note, intervalle)

Dromos

Dromos ou dromoi au pluriel(en grec: δρόμοι « voies » ; singulier : δρόμος) est le mot pour définir les types de mélodie du système musical grec. Dans la théorie musicale byzantine, le “dromos” n'est pas seulement caractérisé par une séquence de phonèmes, ΠΑ-ΒΟΥ-ΓΑ-ΔΙ-ΚΕ-ΖΩ-ΝΗ - Pa-Vou-Ga-Di-Ke-Zo-Ni, mais aussi par des caractéristiques individuelles telles que des degrés spécifiques qui attirent les degrés voisins et des moyens concrets de passer d'un dromos à un autre. Le tempérament de la musique byzantine est proche de celui de la musique ottomane.

Échelle défective (défectivité)

Certains musicologues qualifient des échelles, pentatoniques par exemple, de défectives car elles n’utilisent pas les sept degrés de l'échelle de base. Cette définition d’une échelle défective (ou la qualité de défectivité) s’appuie sur le présupposé qu’une échelle aurait sept degrés.

Echelle occidentale tempérée ou tempérament égal

Échelle dans laquelle il n’existe que des tons et demi-tons qui se veulent égaux. Le tempérament égal est le système d’accordage le plus répandu en Occident, qui divise l’octave en douze demi-tons égaux. A la différence des tempéraments pythagoricien, mésotoniques ou inégaux qui sacrifient une quinte, nommée quinte du loup, pour privilégier la justesse des quintes, celle des tierces, ou les deux, le tempérament égal résulte de l’opération consistant à réduire chaque quinte pure d’un douzième de comma pythagoricien, répartissant de ce fait de manière égale le comma pythagoricien. L’intervalle de douze quintes pures dépasse en effet celui de 7 octaves d’environ 23,46 cents, cette différence étant nommée comma pythagoricien. Bien que cet accordage soit insatisfaisant, car les tierces majeures sont trop grandes par rapport à la tierce harmonique de rapport 5/4, c’est celui qui prévaut aujourd’hui dans la musique occidentale depuis la période classique (fin XVIIIe siècle), car il permet de jouer également dans toutes les tonalités, rendant possible toutes les transpositions,modulation, changement de tonique, de note de référence. Bien que la modulation différencie, en musique occidentale ou indienne, la musique modale de la musique tonale, ce n’est pas le cas dans les systèmes modaux orientaux (maqâm, radif). En effet, les musiques indiennes et occidentales prennent pour référence des modes couvrant une octave, tandis que le maqam fonctionne sur des cellules plus petites, tricordes, tétracordes ou pentacordes, amenant les enchaînements de ces cellules à prendre un nouveau point de référence.

Echelle structurante

C’est la première structuration du mode : l’échelle (on parle parfois de gamme) structurante emploie une échelle mélodique donnée utilisant dans de nombreux cas des degrés dits non tempérés. Elle propose des degrés pivots importants dans la structuration de la mélodie, de l’improvisation ou de la composition.

Entendement modal

Manière de concevoir la musique horizontalement, d’entendre et de privilégier une ligne mélodique dans la composition, la variation, l’improvisation … (l’entendement modal peut être mis en face de l’entendement harmonique issu de la musique tonale).

Ensemble

Un ensemble musical est un groupe de musiciens habitués à pratiquer ensemble, en amateurs ou professionnellement, ou un rassemblement de musiciens créé pour les besoins d’un travail spécifique

Fondamentale

(voir aussi tonique) Première note d’une gamme ou d’un mode, établissant le degré de référence.

Ghazal

Dans la poésie turque et persane, un ghazal est un poème lyrique au thème mystique ou amoureux. En Afghanistan et au Tadjikistan, le terme désigne également des répertoires musicaux, vocaux ou instrumentaux, de forme semi-classique (inspirée du répertoire savant) en Afghanistan, et basés sur le chant de ghazal.

Gushe

En musique classique iranienne et azéri, un gushe (littéralement : “coin”) est un matériau modal sous forme d’un court “type mélodique”, servant de base aux modulations ou maqâm secondaires que sont les sho’be (Azerbaïdjan) et les âvâz (Iran), parfois également qualifiés de grands gushe.

Gwerz

(pl. gwerzioù) : chant breton racontant une histoire, depuis le fait divers jusqu'à l'épopée historique ou mythologique.

Heptatonique

(échelle) Une échelle heptatonique (hepta = 7) utilise 7 degrés.

Hétérophonie

Manière de jouer simultanément un thème mélodico-rythmique et des variations, souvent improvisées, de ce thème. Ces variations constituent des écarts (inflexions, ornementations, décalages rythmiques) par rapport à la ligne mélodique. L’hétérophonie est différente du contrechant, qui est une ligne mélodique complètement indépendante.

Hexatonique

(échelle) Une échelle hexatonique (hexa = 6) utilise 6 degrés dans l’octave.

Hijâz

Improvisation

En musique, l'improvisation est le processus par lequel le musicien crée ou produit dans l’immédiateté un moment musical personnel. Pour ce faire, il se sert de sa créativité dans l'instant, de son savoir technique et théorique et parfois aussi du hasard. Individuelle ou collective, l'improvisation respecte toujours des règles conventionnelles de langage, sans l'observation desquelles le produit sonore reste inintelligible. En musique modale l’improvisateur respecte en général la structure du mode et les codes portés par la “tradition concernée (respect d’une ou plusieurs échelles et de leur notes « pivots », succession de modes organisés en conformité avec des théories savantes, etc.).

Incipit

Le “début” (en latin), c’est-à-dire les premiers mots d’une œuvre musicale chantée ou d’une œuvre littéraire.

Intermezzo

Intermède instrumental, en général entre deux pièces chantées.

 

Intervalle

Un intervalle est un écart de hauteur entre 2 degrés, ou la distance qui sépare deux sons. La perception des intervalles n’est pas la même selon les cultures musicales, certaines se construisent selon des intervalles caractéristiques.

Intonation

L'intonation musicale ou la justesse d'intonation définit la précision de la hauteur des notes de musique jouées ou chantées, par comparaison avec un système d'accord de référence.

Kanaouenn

(pluriel kanaouennoù) Chanson au sens de texte, poème, en Basse-Bretagne.

Khayâl, khyâl

Principal genre vocal de la musique hindoustani.

Maître

Dans les musiques traditionnelles, le terme de maître peut désigner : • un musicien reconnu par ses pairs et la communauté comme le détenteur du savoir d’une tradition, d’un répertoire, d’une expression musicale donnée, et compétent dans la transmission de cette dernière (ici le mot tradition est utilisé dans son sens le plus large) • ou bien un musicien très talentueux, dont le talent et la capacité originale à créer est reconnus par ses pairs et sa communauté. Un maître peut bien sûr rassembler ces deux qualités.

Majeur, mineur, médian

(note, intervalle) Les musiques tonales (c’est-à-dire les musiques savantes occidentales et leurs dérivés tels que le jazz ou la pop musique) n’utilisent que des tons et des demi-tons. Un intervalle d’un ton est appelé majeur, un intervalle d’un demi-ton est appelé mineur. Dans de nombreuses musiques modales savantes ou populaires des notes intermédiaires sont utilisées. Certains musicologues les nomment « neutres », c’est-à-dire qu’elles ne portent ni le sentiment majeur ni le sentiment mineur). Nous préférons l’appellation « médiane », ou “médian”, qui correspond à une hauteur ou à un intervalle intermédiaire, par exemple le demi-bémol (souvent noté par un b barré). Il est souvent question de « quart de ton » pour nommer ces notes mais la réalité est beaucoup plus subtile.

Maqâm

Maqâm en arabe, makam en turc, mugam ou mugham en azéri, maqom en ouzbek et tadjik, âvâz en persan, muqam en ouïgour. Maqâm est un terme arabe qui signifie littéralement la station, le lieu. En musique, il s’agit d’une structure modale constituée d'une gamme (pas forcément sur une octave), d'une hiérarchie de degrés dotés de fonctions particulières, mais surtout de motifs obligatoires, de direction de développement, de possibilités de modulation. La structure et la gamme dont il découle sont nommés par des noms (les différents maqâms ou maqâmât que sont par exemple Râst, Bayati, Hidjâz, etc.), le terme maqâm étant alors couramment traduit par mode. Le système général auquel correspond cette organisation des modes, leur art et leur science, est ici désigné sous le terme Maqâm (avec une majuscule), différemment décliné selon les traditions musicales arabes, turque, iraniennes, azéri, centrasiatiques, etc. 
Voir la description et la pratique du système des maqâms arabes par Fawaz Baker,
Voir l'analyse du makam Segah (tradition des makams ottomans, Turquie) par Ruben Tenenbaum,
Voir l'étude des makams ottomans dans les traditions de Bulgarie par Laurent Clouet.
Voir l'étude du Mugam Bayati Isfahân (Azerbaïdjan) par Jean During.

 

Mazurka

Danse de couple du XIXe siècle. La forme de mazurka polonaise apparue tout d'abord étant une danse difficile, les professeurs parisiens mettent au point et diffusent une version plus simple, à la suite de la vogue de la polka dans les années 1840. Cette nouvelle mazurka et ses variantes vont elles aussi devenir un constituant important du bal jusqu'à la première guerre mondiale, avant d'être détrônées par une nouvelle simplification, la java du bal musette.

Mi harmonique

Microtonalité

Tout système prenant en compte l’utilisation d’intervalles ne se référant pas au tempérament égal.

Mineur harmonique

C’est l’une des trois formes de la gamme mineure dans la théorie de la musique classique occidentale. En partant du schéma de la gamme mineure (intervalles: 1 - ½ -1 - 1 - ½ - 1- 1), le mineur harmonique diffère par un intervalle de demi-ton entre le 7ème degré (note sensible) et le 8ème degré, sur le modèle du mode majeur. Cette sensible, qui forme un intervalle de tierce majeure avec le 5ème degré (dominante), fait apparaître une seconde augmentée entre le 6ème et le 7ème degré. Dans le cadre des musiques tonales populaires ou du swing, la gamme mineure harmonique est un outil adapté pour improviser sur une cadence mineure.

Mode

Manière d’organiser et souvent de hiérarchiser les degrés d’une échelle (d’une gamme). Cette organisation donne une « personnalité » propre à chaque mode.

Modes diatoniques

Aujourd’hui, quand on parle de modes dans la musique classique occidentale, il s’agit de ce qu’on appelle usuellement les “modes diatoniques”. Ils correspondent aux sept modes construits à partir de chaque note de l'échelle diatonique. On peut les nommer soit avec la terminologie du moyen-âge et de la renaissance utilisant des mots d’origine grecque, soit en les nommant par leur 1er degré.

Mode de ré

Deuxième mode issu de la gamme majeure, en commençant par le deuxième degré. On l’appelle aussi mode dorien. Il se distingue du mode mineur naturel par sa sixte majeure.

Mode authente

Mode authentique ou principal. Se dit des quatre modes principaux du chant grégorien, correspondant aujourd’hui aux modes de ré, mi, fa et sol. Les quatre modes authentes de l’Octoéchos correspondent sur le plan de leur ambitus aux modes dorien (ré), phrygien (mi), lydien (fa) et mixolydien (sol) tels qu’ils sont définis aujourd’hui. Ils sont numérotés comme modes impairs (1,3,5 et 7) d’où découlent les modes pairs correspondants. La note fondamentale est le premier degré de la gamme, et la teneur (dominante) à la quinte, sauf pour le mode phrygien (3) à la sixte.

Mode mixolydien

Le mode mixolydien est souvent utilisé dans la musique bulgare, probablement en raison de l'utilisation d’instruments comme la gaïda ou la zurna conçus au départ pour jouer des modes “diatoniques”. Le plus compréhensible est d’appeler le mode mixolydien “mode de sol”, ou mode mode du cinquième degré, c'est-à-dire en Do majeur, la gamme que l’on obtient en partant du Sol. Dans une vision harmonique, on peut aussi parler de gamme du “ majeur 7” correspondant à la gamme principale que l’on peut jouer sur l’accord de septième de dominante.

Mode plagal

Se dit d'un mode musical grégorien dérivé d’un mode authente et commençant une quarte au dessous de celui-ci. Les modes plagaux sont dérivés des quatre modes authentes de l’Octoéchos et sont numérotés comme modes pairs : hypodorien (2), hypophrygien (4), hypolydien (6) et hypomixolydien (8). Leur ambitus commence une quarte en dessous de la fondamentale, et leur teneur (dominante) est soit à la tierce au dessus (modes 2, 6), soit à la quarte (modes 4,8). Formellement, ils correspondent respectivement à l’ambitus des modes éolien, locrien, majeur et dorien, si ce n’est que leur fondamentale n’est pas la tonique mais la quarte.

Modulation

Le sens du terme modulation n’est pas exactement le même dans les musiques modales que dans la musique occidentale tonale. Dans les musiques dites makamiques ou dans les musiques populaires traditionnelles occidentales, la modulation correspond à l’utilisation de degrés différents de ceux de l’échelle de base (seconde majeure puis médiane par exemple) ou de déplacement de la note de base (tonique). En musique tonale, la modulation consiste en le passage d’une tonalité à une autre, et non pas forcément d'un mode à un autre, contrairement à ce que pourrait laisser croire la terminologie.

Musique carnatique

Musique de l’Inde du Sud. Système musical régissant et théorisant la musique de l’Inde du Sud. La classification des modes ne s’y fait pas, contrairement à l’Inde du Nord, en 10 thaat (modes fondamentaux), mais en 72 melakarta (échelles musicales fondamentales) classifiés logiquement. 

Musique hindoustani

Musique classique d’Inde du Nord.

Musique non tempérée

Musiques dans lesquelles l’utilisation d’un tempérament n’est pas primordial. Attention, des musiques utilisant des tempéraments inégaux ne doivent pas être qualifiées de non tempérées.

Nuances

De pianissimo à fortissimo via mezzo forte. Terme qui donne une indication au musicien sur les variations de l’intensité (volume) des sons lorsqu’ils sont joués sur un instrument de musique.

Pentatonique

(échelle) Une échelle (gamme) pentatonique (du grec penta= 5) utilise 5 degrés (notes) à l’intérieur d’une octave. Exemple : do mib fa sol sib do ; ou do ré fa sol la do.

Plagal

Voir aussi authente. Le terme plagal est défini en regard du terme authente. Ces termes sont issus du plain chant (chant sacré à une voix de la liturgie catholique romaine). Aujourd’hui, lorsque ces termes sont utilisés pour décrire d’autres musiques modales, par exemple les musiques populaires de France, nous pourrions dire : « qui s’apparentent aux formes authentes et plagales » : - la forme authente part de la finale, ce que nous appelons maintenant tonique, mais qui, pour compliquer les choses, peut descendre d’un degré ; ainsi le mode de ré qui normalement s’étend de Ré à Ré, peut descendre à Do - la forme plagale part une quarte en-dessous, Le nom est précédé de « hypo », par exemple si la forme authente est le mode dorien (de Ré à Ré) , la forme plagale sera le mode hypodorien qui s’étend de La à La. D’après Alain Lefébure, « Les anciens modes d’église », article consultable sur http://www.aprlmusic.com/?p=10662

Polarisation

Mise en valeur d’une note autour de laquelle le musicien ou la musicienne tourne : la note est au centre, mais sans nécessairement être beaucoup jouée elle-même. La note polarisée est ainsi le centre, plus ou moins explicite ou implicite, d’un espace dans lequel on évolue, de façon comparable au système solaire où évoluent une planète et ses satellites.

Polka

Danse de couple de salon, remaniée par les maîtres à danser parisiens d'après de possibles antécédents d'Europe centrale (Bohème). Elle connaît un succès explosif en 1844, entraînant dans son sillage une quantité d'autres danses du même type, exploitant souvent le filon slave (réel ou supposé). Comme la valse, elle se diffuse ensuite très vite en province et dans les milieux populaires.

Quarts de ton

Intervalles issus de la division de l’octave en 24 quarts de ton. Ce système a pu viser, notamment en Egypte (Congrès du Caire, 1932), à concurrencer celui des 12 demi-tons du tempérament égal occidental. Cette division, plus fine que celle à 12 demi-tons, reste une approximation face à la subtile richesse des intervalles utilisé dans les mondes de la modalité. L’utilisation de quarts de ton successifs est quasiment inexistante dans les musiques modales ; par ailleurs certains de ces 24 quarts de ton ne sont jamais utilisés (par exemple la quinte plus un quart de ton, ou la quinte moins un quart de ton). Les « quarts de ton » sont parfois utilisés en musique contemporaine.

Raga

Le rāga fait référence à l’univers mélodique du système musical classique indien.Chaque rāga est défini par : - une échelle ascendante (āroha) et descendante (avaroha) parfois différente, - des notes dominantes appelées vādī (parlante) et samvādī (co-parlante), - une hiérarchie dans l’importance des notes, - des mouvements (calan) et des phrases mélodiques caractéristiques (pakaḍ). Chaque rāga est également associé à une heure de jeu (prahar) ou à une saison, ainsi qu’à un sentiment dominant (rasa). On présente un rāga comme un être musical doué d’une personnalité, d’un caractère propre.

Raga heptatonique

Raga utilisant les sept notes d’une gamme en montée comme en descente Les ragas d’Inde du Nord sont décrits en fonction de leur jati – caste – selon que leur gamme ascendante et descendante sont pentatoniques (audhav jati), hexatoniques (shadhav jati) ou heptatoniques (sampurna jati). Ainsi, un raga pentatonique en montée et heptatonique en descente sera dit audhavsampurna jati. On trouve quelques rares ragas dont l’échelle comporte moins de 5 notes : Gorakh Kalyan, dont la montée en tétratoniques (surtar jati) est dit surtar-audhav jati.

Scottish

Lancée en 1849 à Paris, cette danse apparentée à la polka serait venue des pays germaniques (l'orthographe utilisée en France jusqu'au début du XXe siècle est « schottische »). Son répertoire dans la musique traditionnelle inclut le recyclage d'airs plus anciens.

Sho’be

En musique classique azéri, il s’agit d’une longue modulation ou maqâm intermédiaire, aussi dit secondaire. Le terme sho’be signifie littéralement “annexe”. Voir aussi gushe, âvâz, dastgâh.

Solmisation

Action de nommer des notes de musiques par des syllabes, comme do, ré, mi, etc., ou bien dans la musique indienne (sargam): sa, re, ga, etc. Ou encore, dans le système utilisé par plusieurs musiciens (par exemple Nando Aquaviva, Thierry Robin, Erik Marchand lien vers le système de notation Erik Marchand) : 1, 2, 3, 4. Le système Kodály utilise quant à lui un système de solmisation à échelle mobile. La solmisation est relative lorsqu’elle ne renvoie pas à des hauteurs de son absolues : dans le solfège de la musique classique classique occidentale (do, ré, mi, fa, etc.) la solmisation n’est pas relative, puisque les syllabes renvoient aux hauteurs correspondant à telle touche du piano, en rapport avec le diapason.

Style

Syllabique

(chant, mélodie) Chant pour lequel chaque syllabe est portée par une seule note. Dans le chant traditionnel français dans plusieurs régions des syllabes peuvent toutefois être portées par deux ou trois notes (mélisme). Dans le chant mélismatique, une syllabe peut être porteuse de plusieurs degrés qui se succèdent.

Tahrir

Dans les musiques d’Iran, il s’agit d’un mélisme vocal sans texte, qui s’il a valeur d’ornementation n’en est pas moins fondamental dans l’appréciation d’un chanteur et, pour le répertoire classique, essentiel à son interprétation. Selon Jean During (notice du disque Les Voix du monde. Une anthologie des expressions vocales, vol. II, Musée de l’Homme - CNRS, 1996) “Le mélisme vocal de la musique classique persane se distingue par deux traits, l'un technique, l'autre esthétique. Les notes, qui s'enchaînent rapidement et sont souvent doublées ou triplées, sont attaquées avec une appoggiature située environ une quarte au-dessus et émise avec un timbre de voix différent. Cette technique vocale est parfois proche du yodel, avec un très bref passage en voix de tête ; d'autres fois l'appoggiature se fait avec le même port de voix que la ligne mélodique. La première technique est appelée "du rossignol" (bolboli), l'autre, lorsqu'elle est lourde et martelée, est appelée "du marteau" (tchaqoshi). Entre ces deux extrêmes, il existe des nuances qui n'ont pas été classées ni étudiées. Toutefois il est clair que la technique du tahrir est spécifique au chant classique (ou populaire urbain) persan et (avec des nuances) azerbaïdjanais ; on la trouve également chez certains chanteurs irakiens dont le style se rattache à une grande tradition pluriculturelle allant du Caucase à Bagdad”.

Taqsim ou taksim

Taksim (en turc) ou taqsim (arabe et persan) est une improvisation solo. Dans les musiques du maqâm, l’improvisation modale, taqsim (littéralement : « division, fragmentation, répartition », pluriel taqasim), constitue un genre majeur, celui de l’improvisation individuelle. En général au Proche-Orient (sauf en musique ottomane), le terme taqsim désigne aussi une pièce instrumentale improvisée et non mesurée ; dans le cas d’une pièce instrumentale improvisée mesurée, on parle de taqsim muwaqqa'. Les différentes formes d’improvisation vocale sont nommées en fonction des poèmes travaillés (layali, mawwal, qasida…). En musique ottomane, taksim désigne une improvisation vocale ou instrumentale. Différentes variantes sont distinguées selon les répertoires et les régions, par exemple le taqsim muwaqqa’ peut aussi désigner un chant libre sur fond rythmique.

Tasnif

Dans les musiques d’Iran, un tasnif est une chanson classique.

Tempérament

Manière d'ajuster les hauteurs d'une gamme musicale.

Tempérament égal

Admis majoritairement comme la norme pour la musique savante occidentale et ses dérivés depuis au moins le 19ème siècle, le tempérament égal tend à diviser l’octave en 12 demi-tons égaux. Le tempérament égal a été politiquement choisi, avec des adaptations, comme celui de nombreuses musiques modales dans le monde

Tempérament inégal

Tout autre tempérament que le tempérament égal.

Tétratonique

(échelle) Une échelle tétratonique (tetra= 4) utilise 4 degrés.

Thème

“Un thème est un motif mélodique ou rythmique ou mélodico-rythmique, parfois harmonique, suffisamment typé pour être facilement reconnaissable, et suffisamment riche pour être développé, varié, transposé ou transformé”. Source: Encyclopaedia Universalis, article “Thème, musique”.

Ton (breton)

(pluriel tonioù) Un air, un thème musical pouvant porter différents kanaouennoù (chansons, poèmes).

Tonalité

La tonalité d’une pièce musicale est définie par sa tonique (ou fondamentale) et par une couleur spécifique donnée par le mode. Pour Jacques Siron : « La tonalité est basée sur l’existence d’un son principal, la tonique, qui entretient des relations dynamiques de proximité ou d’éloignement avec d’autres sons. Dans le système tonal majeur–mineur, le nombre des modes a été réduit à deux. » La partition intérieure. Jazz, musiques improvisées, Paris : Outre Mesure, 2001 (5ème édition), p.367.

Tonique

voir aussi fondamentale. Première note d’une gamme ou d’un mode, établissant le degré de référence.

Tradition

Style musical porté par un ensemble de règles ou de codes énoncés ou non et dans lequel se retrouvent les auditeurs mélomanes.

Valse

Danse de salon d'origine germanique issue de la « Deutscher Tanz » et du « Ländler » à la fin du XVIIIe siècle. Elle choque parfois par sa position, en couple fermé, nouvelle à l'époque. Sa vogue commence vraiment en France au début du XIXe siècle, et elle se popularise par la suite. Comme les autres danses de salon adoptées dans les bals populaires et régionaux, son répertoire musical comprend un certain nombre de mélodies recyclées d'origines diverses.

Zarbi

Dans les musiques d’Iran: pièce instrumentale mesurée.