Photo Christian Duro en 1989, cliché Gilbert Le Gall, avec l’aimable autorisation de Dastum
« Quand on devient sonneur par hasard, on n’attend de la musique que le plaisir de la pratiquer avec ses amis. Quand on la reçoit en héritage, elle jalonne la mémoire. Quand elle occasionne des rencontres inattendues – ou inespérées –, elle réaffirme son existence. Si je lui rends ce qu’elle me donne, alors elle vaut que nous la partagions».
Christian Duro, texte du disque « Christian Duro. Sonneur fisel »
(Coop Breizh /Paotred an Dreujenn-Gaol, 1997)
Christian Duro est né à Glomel (Côtes d’Armor) en 1947 dans une famille de musiciens populaires. Son père Julien, sonneur réputé, ainsi que ses oncles Pierre et Marcel, pratiquent la treujenn gaol, la clarinette (à 13 clefs en si bémol) et le chant.

Arsène Cozlin et Julien Duro au mariage, avec l'aimable autorisation de Dastum.

Yvonne Guesdon et Catherine Duro en kan ha diskan à Rennes, Festival Tombées de la nuit, 1991. Cliché Nathalie Fouilleul, avec l’aimable autorisation de Dastum
Sa mère Catherine, fille de Jean Baquer (chanteur réputé de Bonen) est chanteuse de kan ha diskan avec Yvonne Guesdon.
En 1956, grâce à André Mercier, son instituteur à Glomel, très fervent de culture bretonne, Christian Duro commence la musique par la bombarde. A cette époque, le renouveau militant de la musique bretonne met en avant la bombarde et la cornemuse écossaise au détriment de pratiques plus locales comme celle de la clarinette (considérée comme « importée »).
Christian jouera de la bombarde pendant dix ans, en duo avec son frère François. Très vite, à partir de 1957, ils jouent pour des mariages – leur père leur enseigne le métier de sonneur, puis ils sont demandés dans les fêtes de quartiers, les pardons, la fête du Parti communiste à Rostrenen, et même la fête de l'Humanité à Paris ! A 10 ans, Christian interprète « Yannig ar Vil Vicher » sur le disque « Fest-noz e Groñvel » (Mouez Breiz).
En 1969, il reprend la treujenn-gaol de son père (achetée en 1929), et y prend goût. A partir de cette époque, il joue régulièrement dans les noces et les festoù-noz, à la bombarde ou à la clarinette, en couple ou dans des formations comme « Tro Blavez », « les Papillons Bleus » (Zon Budès). Il est sollicité dès 1975 par Dominique Jouve, cheville ouvrière du renouveau de la treujenn-gaol.
Christian Duro est l’un des membres fondateurs de l’association « Paotred an Dreujenn gaol » (association des sonneurs de clarinette de Bretagne) et participe au succès des Rencontres Internationales de la clarinette populaire. Il a fait partie du groupe « Termajik » avec Jean Le Floc’h et Guillaume Le Guern.
Il perpétue aussi la tradition musicale en famille, aux côtés de son épouse Marie-Thérèse Le Guilcher, et de ses fils Gaël et Ronan Duro).
Christian Duro a développé, à la clarinette comme à la bombarde, un style personnel et cependant caractéristique du pays fisel. Ses formules rythmiques, parfois osées, sont souvent étonnantes et efficaces pour la danse. Il ouvre aux jeunes sonneurs une perspective musicale traditionnelle et innovante.
Texte inspiré de la notice du disque « Christian Duro. Sonneur Fisel » (Coop Breizh /Paotred an Dreujenn-Gaol, 1997).