Introduction
Dengbêj et stranbêj
Les lamentations et les histoires, légendes et épopées, au Kurdistan, sont surtout chantées par les dengbêj : des hommes et des femmes dont le style de chant est particulier.
Dengbêj : troubadour, conteur, conteuse
De deng : « voix », et -bêj : « dire ».
Stranbêj : chanteur ou chanteuse
De stran : « chanson, mélodie », et -bêj : « dire »
Le mode Hijaz
LA POÉSIE
Voici la traduction en français du poème de ce chant :
Ahmedo, ma clarté, mon cher,
Tu n’es ni seigneur ni docteur
Jeune garçon, tu n’es ni seigneur ni docteur
Dans mon coeur, moi qui suis un pauvre de Dieu
Il y a une pluie des pluies de printemps
Les mois de mai, avril et mars
Sur ma poitrine, moi qui suis un pauvre de Dieu
Tu n'es ni versé ni plu
Ahmedo, ma clarté, mon cher,
Je m'appelle Besna
Jeune garçon, mon chagrin
Je m'appelle Besna
Mes doigts sont pleins de perles
Ma poitrine, moi qui suis un pauvre de Dieu
Elle est comme un chalet et un palais à ta disposition
Guide ton troupeau de chèvres dedans
Avec ma propre volonté, je t'ai donné la permission
Traduction de Sara Anter Cecen
RYTHME ET IMPROVISATION
LE STYLE DE CHANT DENGBÊJ
Les spécificités de ce style de chant, le travail des ornementations vocales et les sources d’enseignement.
Nizamettin Ariç est un musicien et cinéaste kurde, né en 1956 à Ağrı à l’ouest de la Turquie. Il a appris le chant dengbêj dans son enfance mais ne chantait publiquement qu’en turc pendant les premières années de sa carrière. En 1979, après avoir été arrêté pour avoir chanté en kurde lors d’un concert, il s’est exilé à Berlin, où il continue sa carrière de chanteur et de réalisateur (Un chant pour Beko, 1992, est l’un des premiers films réalisés en kurde).
Contexte musical et culturel du Kurdistan : le rôle des Dengbêj